Café Politis. Élevons le débat svp!

Bonjour à toutes et à tous, ça faisait longtemps que je voulais écrire cet article, plus précisément depuis que j’ai assisté à la 4ème édition de Café Politis.  Depuis que j’assisté à la 5ème édition, je me suis décidé à l’écrire.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, je tenais à féliciter l’association Marocains Pluriels sans qui nous ne pouvions avoir cette chance de débattre et de se rapprocher de la chose publique.

cafe politis

Après avoir assisté à 3 Café Politis, mon constat est le suivant:

Lors des interventions nous sommes plus dans un schéma d’étalage de connaissance et de « moi je sais » plutôt que dans l’optique de faire avancer le débat et d’interagir avec les invités.

Je m’explique:

  • La majorité des interventions qui ont lieu pendant le Café Politis sont souvent hors-sujet. Rappelez-vous, lors cette 5ème édition (très réussie au niveau de l’affluence et des intervenants) il y avait au maximum 2 à 3 interventions qui soulevaient la problématique de l’engagement politique.
  • Les gens parlent de leur expérience personnelle (On s’en fout) au lieu de profiter de la présence des invités dans le but de leur poser des questions pertinentes et délicates afin de faire avancer la réflexion de tous. D’ailleurs l’animateur du débat Rachid Hallaouy, n’a cessé de répéter qu’il fallait poser des questions.
  • Il faut arrêter avec l’exception marocaine. Je me rappelle lors de la 4ème édition, j’avais posé la question à M.Herezenny quel modèle d’évolution il voyait le plus bénéfique au Maroc, social-démocratie, libéralisme, modèle à la turque, modèle à la brésilienne,etc… J’avais posé cette question afin de profiter de l’expérience de ce bonhomme et j’entendais dans l’audience, mais « Nous on va inventer notre propre modèle »  Qu’est ce tu vas inventer lay ihdik?
  • Il faut dire les vraies choses sans tomber dans le populisme. Bien que les interventions les plus populistes restent souvent les plus applaudies
  • Ne pas être systématiquement dans une optique de « Casser du politicien ». Même si de temps en temps, une intervention d’un Jalil El Outmani pour descendre les intervenants ne fait pas de mal et soulage un peu.
  • Arrêtez d’applaudir chaque 30 secondes s’il vous plait. C’est une mauvaise habitude, je ne sais pas d’où elle nous vient.
  • Au niveau de l’organisation. Ahmed et Bassim, évitez de donner le micro seulement à ceux qui gueulent le plus. Essayez de prendre des personnes dans différentes zones de la salle, car comme tout le monde ne peut pas parler, 1 personne pourra reprendre les questions de ses amis dans la même table par exemple.
  • Enfin évitez de vous contredire dans vos interventions svp. Je pense notamment à une jeune fille qui a reproché aux invités de ne parler que de leur formation politique (De quoi veux-tu qu’ils parlent?) pour enfin terminer en disant: « Oui moi je suis du PAM et je suis fière de l’être ».

Le ridicule ne tue pas, mais il met mal à l’aise, je te jure…

Voilà je finirai en disant qu’il s’agit d’un nouvel exercice démocratique et que nous sommes tous en train d’apprendre. Vos commentaires et remarques sont donc les bienvenus.
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Jeunes élites du Maroc : Wake uuuuup!

Il y a un peu plus d’1 mois, j’ai écrit un article expliquant que le problème était un problème de valeurs, en gros ce que je disais c’est que le système de valeurs est complètement inversé chez une grande partie de la population. Après avoir écrit cet article, je me suis dit OK alors tu as 3 choix qui sont les suivants :

  1. Tu ne restes plus au Maroc et tu vas vivre dans une société qui est en alignement avec ton système de valeurs
  2. Tu t’en fous de ce qui se passe au Maroc, tu te fais de l’argent et tu vis dans une micro-société à l’intérieur du Maroc
  3. Tu es un peu patriote, tu profites de ce vent d’espoir qui souffle sur le pays qui t’a tout donné et tu t’impliques pour changer les choses.

Et bien comme j’aime mon pays, que je suis un peu altruiste et bien j’ai choisi l’option 3.

Dans toutes les démocraties, les massent choisissent et les élites leadent

Puisque le Maroc a fait officiellement le choix de la démocratie -le moins pire système qu’on ait trouvé à ce jour- il lui faut l’implication de ses élites dans la gestion de la chose publique car dans toutes les démocraties du monde, ce sont les élites qui mènent la barque.

Afin d’être clair et pas mal interprété, pour moi les élites sont les personnes qui ont une éducation et des valeurs de qualité, cela n’a aucun lien avec le pouvoir d’achat

Si nous en sommes dans l’état actuel des choses, c’est en bonne partie à cause de la démission quasi-totale des élites de la génération de nos parents (les baby-boomers) de la politique durant les 40 dernières années. D’ailleurs, juste à voir le paysage politique, on retrouve toujours les mêmes têtes. Certains de ces boomers me répondront, oui mais le jeu était biaisé et les règles d’une société démocratique n’étaient pas claires.

OK fine, mais regardant devant nous, et si comme je disais dans mon précédent article, la nouvelle constitution ne changera rien sur le terrain mais au moins donnons lui le crédit d’avoir posé les bases d’un réel jeu démocratique. En gros, la nouvelle constitution a donné plus de légitimité aux partis politiques. Dorénavant et on l’espère, la gestion de la chose publique passera obligatoirement par les partis.

Au Maroc, les élites sont déconnectées de la réalité

En partant du principe que le Maroc a besoin de ses élites afin de « leader » (je n’utiliser pas mener car ne veut pas dire la même chose) sa transition démocratique et son développement humain et économique, il faut que ses élites puissent arranger les problèmes du peuple marocain dans sa globalité et répondre à ses attentes. Or le problème que nous avons au Maroc c’est que ces élites sont complètement déconnectées de la réalité et du quotidien que vit la majorité de la population marocaine.

Il faut donc que ces nouvelles élites soient plus proches et plus connectées aux préoccupations de la population afin de qu’elles puissent répondre à leurs problèmes et à leurs besoins.

Jeunes élites pour en finir avec les « Bouchakkara »

Ce qui se passe actuellement chez ces jeunes élites, c’est qu’on se contente simplement de critiquer et de pointer du doigt la politique et les politiciens mais personne ne veut se mouiller.

Or si tout le monde dit qu’il faut que ça change et que personne ne veut s’impliquer pour le changement (Wa khouya moi ma carrière en premier) et bien ça ne changera pas et notre classe politique ne se renouvellera pas.

Afin de donner un nouveau visage au champ politique et de redonner confiance aux marocains envers la politique, il faut que les jeunes élites aillent au charbon afin d’en finir avec les « Bouchakkara » et les « Dinosaures ». Non pas que je ne les aime pas, mais c’est juste que ça suffit, et qu’on a besoin de nouvelles idées et de nouvelles énergies. Un footballeur quand il arrive à un certain âge, Zidane ou Maradona soit-il, il raccroche les crampons pour donner la chance à un Messi de s’exprimer et heureusement d’ailleurs. Y’ en a qui arrêtent au top et quittent sous les ovations du public, et y’ en a qui quittent en se morfondant sur le banc des remplaçants.

2011 non, 2012 peut-être, Rendez-vous en 2016

Je profite de cette date hautement symbolique du 20 Août afin d’inviter les jeunes élites du Maroc à sortir de leur exil moral et politique. Notre pays est en train de vivre un tournant historique qui nécessite de faire émerger de nouvelles élites politiques avec des valeurs saines et une vision claire. Ca ne se fera pas lors des prochaines élections anticipées en 2011, il y aura peut-être des miracles lors des élections de 2012, mais je suis optimiste pour les  élections de 2016 et j’invite les jeunes élites de notre nation à s’impliquer pour cette échéance.

Dernier petit point, pas d’opportunisme s’il vous plait, si vous n’êtes pas drivé seulement par l’intérêt public du Maroc, restez chez vous et choisissez plutôt l’option 2 (Voir introduction de l’article)