Les gouvernements à l’assaut des réseaux sociaux

D’après une étude de Strategy Analytics, le nombre d’internautes qui seront membres d’au moins un réseau social en ligne atteindra la barre du milliard en 2012, ce qui représentera 75% des internautes de la planète et 1/7 de la population mondiale. D’autre part, selon les conclusions du “Virtual Criminology Report” de la firme McAfee, la cybercriminalité est une triste réalité qui croît à un rythme alarmant, et nul ne serait à l’abri de cette menace croissante. Ainsi, afin de lutter contre la cybercriminalité et de prévenir le terrorisme, les gouvernements seront amenés à s’intéresser de plus en plus aux informations disponibles sur Internet en général et plus particulièrement sur les réseaux sociaux.

Ça commence déjà en Angleterre

Après l’entrée en vigueur de la directive européenne sur la conservation des données par les fournisseurs d’accès Internet (FAI) le 15 mars 2009, le ministre anglais de la sécurité intérieure Vernon Coaker a proposé d’étendre cette directive aux réseaux sociaux. Selon les désirs du ministre, ces derniers devraient, de la même manière que les FAI, conserver pendant 12  mois toutes les communications de leurs membres et les rendre disponibles aux services de police sur réquisition judiciaire.

Le ministre voudrait même aller plus loin que la simple conservation des données par les opérateurs, il parle de la création d’une immense base de données dans laquelle seront stockées les informations numériques pouvant être recueillies telles les courriels ou encore l’historique de navigation. Cette base serai disponible pour  les services de sécurité tels le MI5, le FBI ou la CIA.

Mais aussi en France

La LOPPSI 2, Loi d’Orientation et de Programmation pour la Performance de la Sécurité Intérieure, présentée par la ministre de l’intérieure Michèle Alliot-Marie, prévoit dans son article 23 l’utilisation d’un nouveau moyen d’investigation qui est la captation à distance des données numériques. Cela permettrait de récupérer aussi bien les données ouvertes comme celles disponibles  dans les réseaux sociaux, que les données fermées telles les adresses IP. Ainsi en compilant ces deux types de données, il serait donc assez facile d’inculper quelqu’un en fonction d’informations disponibles sur son profil Facebook.

Le futur

Si la tendance se poursuit et que les réseaux sociaux prennent de plus en plus de place et d’importance dans nos sociétés, cela ramènera sans doute un interventionnisme encore plus prononcé des gouvernements. On peut imaginer une situation où les gouvernements -afin de protéger leurs citoyens contre les pertes ou les fuites éventuelles de données personnelles des réseaux sociaux- lancent des plateformes certifiées et plus sûres où chaque citoyen pourrait créer un profil “racine” qu’il pourrait ensuite exporter sur les plateformes commerciales de son choix.

Sources :

http://www.zdnet.fr/actualites/internet/0,39020774,39387983,00.htm

http://www.lesechos.fr/info/france/4868493-le-gouvernement-met-internet-sous-surveillance.htm

http://www.inter-ligere.net/article-29206326.html

http://www.binarysec.com/cms/docs/resources/security-keynotes/la-loi-loppsi-2.html

http://www.pdgb.com/uploads/tx_pdgbbdd/090925_JJ_TPE_PME.pdf

http://www.mcafee.com/us/research/criminology_report/default.html