Le Maroc: un problème de valeurs

Salut à tous, ça fait 1 an que je suis revenu m’installer définitivement au Maroc, c’était exactement le 8 Juillet dernier. J’ai eu le temps de bien observer la société marocaine en essayant de comprendre ses maux et ses problèmes. Entre temps, il y a le mouvement du 20 Février, le premier discours du Roi le 9 Mars, une réforme de la constitution, un 4-0 contre l’Algérie, un 2ème discours du Roi, un référendum, puis il y a eu ma vie de tous les jours à travers laquelle j’essayais de cerner un peu la société dans laquelle je vivais..

Revenons à la réforme de la constitution, dans le fond, je ne suis pas contre, il s’agit d’une constitution qui va dans le sens démocratique en prenant en considération les spécificités de la culture et de l’histoire du Maroc. Mais j’ai voté Blanc. Certains me diront: « Pourquoi tu t’es dérangé, tu aurais pu rester chez toi, de toute façon, ça ne changera rien » Alors, pourquoi ai-je voté blanc?

Tout d’abord, parce que  j’ai tenu à exercer mon droit de vote en tant que citoyen car en ne me déplaçant pas pour voter, cela voudrait dire que je m’en fou de l’avenir de ce pays et que il y a des gens qui décideront pour moi. Et deuxièmement, et c’est la raison principale de mon vote blanc c’est que je pense que le problème du Maroc est un problème de valeurs et non un problème de constitution. Je ferai une comparaison que certains n’apprécieront pas, mais je la fais quand même: C’est comme une entreprise, vous avez beau lui proposer la meilleure stratégie du monde mais si ses valeurs ne sont pas clairement définies, cette stratégie ne fonctionnera pas. Ce n’est pas que le Maroc n’avait pas besoin de réforme de la constitution, mais c’est que cette constitution ne changera pas grand chose dans la vie de tous les jours.

Le Maroc: un problème de valeurs

Le problème du Maroc est un problème de valeurs,

  • Tant que la valeur « Tkoulib » (mauvaise ruse) sera plus valorisée que la valeur « Travail ». Et qu’on continue à admirer les « Dribbleurs » plutôt que les « Ethiques » dans notre société.
  • Tant que l’honnêteté et le sérieux constitueront l’exception plutôt que la règle. Posez-vous la question à vous même, quand vous trouvez un prestataire sérieux, vous êtes contents comme si vous aviez trouvé la perle rare, alors que celà est censée être la norme.
  • Tant que l’INCIVISME sera supérieur au CIVISME
  • Tant qu’une femme ne poura pas marcher seule sans se faire klaxonner ou qu’on lui fasse des « kssss kssss » au moins 1 fois par minute. Et ça c’est les gentils, parce qu’il y en a qui y vont avec des mots, très souvent crus. Et quand on leur demande pourquoi tu la respectes pas, ils te disent: « Wa chafti chnou labssa, hia li bagha hatchi ». À quand les femmes qui kisskissent les hommes en débardeur
  • Tant que la société marocaine n’aura pas de relation décomplexée avec la religion et qu’une certaine frange de la population pensera détenir le bon message. Il n’y a qu’à voir le modèle turque qui est un pays majoritairement musulman et où est ce que chacun vit sa religion comme il le souhaite et sans complexe.
  • Tant que cette culture d’attentisme sera profondément ancrée. Je m’explique, en général le marocain moyen ne pense pas détenir son destin en main, il attend toujours un élément externe qui viendra l’aider (Aumône, héritage, coup de pouce, grima)
  • Tant que la valeur méritocratie sera reléguée au deuxième plan au profit le valeur « Ould Men » et qu’il y aura des inégalités de chance de réussite à la base
  • Tant que quand on veut aller voter au référendum, il y a un gars avec un t-shirt et une casquette « Na3am » (OUI) qui se balade dans le lieu du scrutin.
  • Tant que dans le domaine professionnel, l’émotion de cèdera pas la place à la rationalité. Et pour reprendre la phrase d’un humoriste marocain que j’ai rencontré: « Je te vends quelquechose si je t’aime bien sinon Wallah li ditih »
  • Tant que l’implication au travail ne cèdera pas la place au fameux « Ana gha Khadam »
Bref, tant que bezzaaaaaaf de valeurs malsaines seront profondément ancrées dans la mentalité marocaine, celle-ci n’avancera qu’au ralenti et à mon humble avis la nouvelle constitution n’y changera pas grand chose!

Vous avez une bonne idée…So Zip it

Coup de gueule: Incompétence et Paresse au Maroc

Ça fait 2 mois que je suis rentré définitivement afin d’investir au Maroc, mon pays natal. J’ai lancé le processus de création d’entreprise au Maroc et là je m’apprête à prendre possession de mon bureau le 1er Septembre. Ça c’était juste histoire de vous planter le décor, une sorte de mise en contexte, mais ce dont je vais vous parler aujourd’hui n’a rien à voir avec mon entreprise. Je vais vous parler de 2  « Valeurs » importante que j’ai découvertes lors de mon retour après 7 ans d’absence de mon pays: L’incompétence et la Paresse.

Commençons par la première. Est incompétente toute personne qui n’a pas la connaissance ou le savoir-faire. On dit d’une personne incompétente qu’elle est dépourvue d’efficacité; qu’elle n’atteint pas son but. En d’autres termes ce sont des gens qui font mal leur travail, et malheureusement au Maroc, il y en a beaucoup. Je ne dis pas qu’il y a que ça, mais je le répète il y en a beaucoup et dans tous les domaines.

Des exemples s’il te plait, arrête de te plaindre! Ok tout de suite. Je pars faire un abonnement chez un prestataire de service, un commis  s’occupe de moi, mais hélas, il ne sait pas comment faire, il demande à ses collègue, il est nouveau paraît-il. Il me demande le cachet de le société, il commence à tamponner partout (déjà que moi à la base je ne suis pas trop fan du principe du tampon), je le laisse faire son travail, il tapisse le contrat de tampons et à la fin quand il finit il me dit: « c’est bon monsieur, vous allez recevoir un coup de fil d’ici 24 à 48 heures pour passer récupérer le tout » et à moi de lui répondre :  » Vous êtes sûr, vous n’avez rien oublié? », il rétorque avec le fameux  » Gha Koun Hani » (traduction pour les non-arabophones : Vous pouvez dormir tranquil, tout est sous contrôle). 24 heures plus tard, je reçois un coup de fil. Waou quelle surprise! Ils sont vraiment efficaces! Un agent du prestataire en question est au bout du fil :  » Oui Monsieur, je vous appelle concernant votre abonnement avec …….. » moi tout content, je lui dis « C’est bon il est prêt? » et l’agent de me répondre « Non, j’ai oublié de vous demander de signer!!!!!! Il fallait signer par dessus le cachet » … 😉 Vous me direz que c’est un cas isolé, mais je peux vous dire que des histoires comme celles-ci j’en ai minimum 2 par semaine à raconter.

La deuxième valeur très présente au Maroc, comme dans pas mal des pays du Sud, et bien  c’est la « paresse » et je ne suis pas le seul à le dire et à le constater. Beaucoup de personnes pensent -peut-être allez-vous être d’accord avec moi- qu’au Maroc la culture du travail n’est pas assez présente en comparaison à des pays comme l’Allemagne, la Corée ou le Japon. Petit rappel, après l’indépendance le Maroc était au même niveau de développement que le Japon. Regardez la situation de chaque pays plus de 50 ans après, y en qui ont bossé dur…

Le meilleur exemple pour illustrer ce que je viens de dire, c’est la journée du Vendredi en ce mois de Ramadan. Ce n’est pas que je sois contre la prière du Vendredi, ceux qui me connaissent le savent, mais je pense que les heures doivent être reprises en travaillant plus tard. Car les gens sortent à 12h pour faire leur prière, reviennent 1h30 à 2h plus tard, et ils doivent quitter vers 15h. La semaine se termine donc Vendredi à Midi. Des sociétés en plein développement comme le Maroc ne peuvent pas se permettre de sacrifier une demi-journée par semaine, 2 jours par mois, 24 jours en 1 an car c’est la productivité et le classement du Maroc qui en pâtît.

À ce titre, je partage avec vous ce graphe qui montre l’évolution de la productivité du Maroc en comparaison avec celui des Etats-Unis  depuis 1987…On pourrait la qualifier de stagnante pour être gentil…

Un rayon de soleil…

Après des discussions à propos de ce sujet avec mon entourage, un proche responsable d’une unité industrielle m’a affirmé que les marocains auraient un point fort, celui du travail de dernière minute. Contrairement à leurs confrères allemands ou suédois, les ouvriers marocains seraient prêts à veiller jusqu’à des heures impossibles afin de réaliser le travail qui leur est demandé.

Attention, je ne veux pas dresser un portrait noir et généralisé de la société marocaine, le but à travers ce blogpost n’est pas de critiquer pour critiquer, mais juste une initiative afin de faire prendre conscience aux gens que la Compétence et le Travail  en opposition à l’Incompétence et à la Paresse sont des valeurs nobles que toute société doit valoriser afin de réussir son développement.

I Love Morocco.

Les Y Marocains…La génération 2.0 au Maroc

Selon la définition de Wikipedia, le terme génération Y désigne les personnes nées entre la fin des années 70 et le milieu des années 90. On les appelle les Y du fait que c’est la génération qui pose les questions “Why” et qui succède à la génération X. Au Maroc, on pourrait définir génération Y en gros comme la génération qui a vu le jour après la Marche verte de 1975, une génération qui n’a pas assisté aux coups d’états de 1971 et 1972….une génération qui a grandit dans un environnement sociopolitique relativement stable et qui a connu au tout au long de sa vie l’élargissement du champ des libertés individuelles.

Au Maroc, il existe un concept qui s’appelle le “Makhzen”, une expression que chaque marocain a entendu au moins une fois dans sa vie, il s’agit d’un terme qui désigne l’appareil étatique marocain avec un sens devenu plutôt péjoratif et synonyme d’autorité exagérée aux yeux de la génération Y marocaine. Ayant grandi dans une société qui s’est libéralisée année après année, les Y marocains acceptant de moins en moins l’autorité comme valeur intrinsèque, ils privilégient le dialogue, le leadership ainsi qu’une prise de décision suivant un modèle en réseaux de régulation et d’influence. Les Y marocains n’hésitent pas à accroitre de plus en plus leur champ de libertés individuelles, même au risque de choquer ou de bouleverser l’équilibre socio-culturel du Royaume. Le meilleur exemple de cela est l’initiative du mouvement alternatif des libertés individuelles (MALI) qui, en utilisant Facebook, a décidé de défier l’autorité de l’état en rompant le jeûne en public durant le mois de Ramadan.

Cette contestation de l’autorité ne se retrouve pas seulement au niveau des rapports des citoyens avec leur État mais aussi dans le milieu du travail. La meilleure illustration de cela pour moi est une scène du célèbre film marocain Casanegra où un des deux acteurs principaux Karim doit aller remplacer son père malade pour écailler des poisons toute la journée pour la modique somme de 50 Dhs. À la fin de la journée, Karim se révolte contre les conditions du travail de la poissonnerie du Hadj et lui rend son argent tout en l’insultant. Bref, les Yers marocains ont vu leurs parents se dévouer corps et âme pour leur travail et puis être renvoyés lorsqu’on avait plus besoin d’eux; ils ne veulent donc plus commettre la même erreur que leurs parents….Ils ne mesurent pas la dévotion au travail en termes d’heures et de fatigue à la fin de la journée mais plutôt en terme de passion et d’engagement dans le travail. Pour les Y, le travail n’est plus considéré comme une fin en soi mais comme une façon de s’accomplir personnellement.

Dans leur désir d’accomplissement personnel, les marocains de la génération Y préfèrent s’unir dans le cadre d’initiatives citoyennes communes plutôt que de s’inscrire dans des institutions et des partis politiques dirigés par des Dinosaures qui ne veulent pas céder leur place ou encore qui ne saisissent pas l’utilité d’impliquer la génération Y.  Et je parle en connaissance de cause, car j’ai fait moi-même une démarche auprès d’un parti politique marocain afin de l’aider bénévolement à impliquer cette jeune génération Y grâce aux médias sociaux, mais sans aucun retour…Cet engagement provient du désir de la génération Y de trouver et de se faire sa place dans une société dominée et contrôlée par les baby-boomers marocains qui ont participé à la construction du Maroc d’après l’indépendance…mais qui ont laissé de côté un chantier qui me semble-t-il est assez important pour le développement d’un peuple…soit celui de l’éducation. Pour reprendre une citation d’Hubert Vederine, ancien ministre français des affaires étrangères, “L’éducation fait défaut au Maroc”. Selon moi, il s’agit de l’éducation de bout en bout, c’est à dire aussi bien de l’éducation scolaire que de l’éducation civique.

Côté cœur, les jeunes marocains de la génération Y se marient plus tardivement que leurs ainés. Selon moi cela peut s’expliquer par deux raisons. La première est qu’en tant qu’individualistes mettant l’intérêt de leur propre personne au dessus de tout, les Y marocains favorisent le développement de leur propre carrière au profit de leur relation amoureuse. La deuxième raison selon moi, est qu’en tant qu’êtres passionnés, ils ne veulent pas s’engager pour s’engager; comme pour leur travail ils ne voient pas le mariage comme une fin en soi ou comme une étape obligatoire, mais plutôt comme un projet commun à partager avec un être cher et unique.

Ce que je vous raconte sur la génération Y depuis le début concerne une partie de la génération Y, l’autre partie que j’appellerai les Y’ est celle des analphabètes, illettrés et autres exclus qui ont raté le train de développement du Maroc. Celle que je rencontre chaque week-end lorsque je vais voir un match de foot au stade à Casablanca. Mais je suis loin de les blâmer, car ce n’est pas de leur faute, il faut juste que les Y d’aujourd’hui ne commettent pas la même erreur que les Boomers d’hier et qu’ils ne relèguent pas le problème de l’éducation au second plan…C’est l’avenir du Maroc qui en pâtira.

Génération Y, 2.0…Conférence à Casablanca

Hier, j’ai assisté à une conférence très intéressante, qui a eu lieu au Royal Mansour de Casablanca sur la génération Y et sur tout ce qui est en rapport avec le 2.0. Conférence donnée par Benjamin Chaminade, gourou franco-australien, comme il aime s’appeler et auteur principal du blog www.generationy20.com

À travers ce billet, je vais essayer de partager avec vous ce que j’ai appris durant cette soirée.

18h30

Je vais d’abord vous parler de Benjamin. Je suis arrivée un peu à l’avance, ce qui veut dire au Maroc, arriver à l’heure prévue…Bref vers 18h30, je débarque dans la salle de conférence et je trouve Benjamin déjà là, je me présente à lui et je trouve devant moi quelqu’un de très modeste et accessible, deux valeurs très importantes aux yeux de la génération Y.

Nous continuons à discuter un peu de tout et de rien, et je sentais que j’avais devant moi quelqu’un qui comprenait toutes les préoccupations de la génération Y et avec lequel j’étais sur la même longueur d’onde. Ce que j’ai énormément apprécié avec lui, c’est que j’ai beaucoup appris mais sans être dans une relation de Gourou à disciple, mais en ayant des échanges entre deux personnes qui essaient de trouver leurs points communs et leurs différences.

18h50

Pendant que nous discutions, il y avait aussi des gens de différents domaines qui participaient à la discussion, mais bizarrement je n’ai pas réussi à avoir ce truc qui me permette de me connecter avec eux aussi facilement qu’avec Benjamin…Pourquoi? Une des raison selon moi est que lorsque ces gens là intervenaient, ils étaient plus dans une optique d’étalage de connaissances que d’interconnexion des idées….Pour reprendre 1 des 4i qui sont chères à Benjamin et qu’il utilise pour qualifier la génération Y: Individualisme,, Interconnexion, Inventivité et Impatience

19h20…Début de la conférence

30 minutes plus tard, commence la conférence par une mise en scène à la ricaine…En effet Benjamin se glisse discrètement à l’arrière de la salle et prend la parole au micro…tout le monde le cherche…puis il se lève, et avance au devant de la salle pour commencer sa conférence. Il fait celà dit-il pour montrer que ce n’est pas un Gourou débarqué par Hélicoptère qui vient étaler ses connaissances, mais plutôt quelqu’un qui se mélange à son auditoire. À la manière Gourou, ses slides ne sont que de belles images avec 1 mot, voir des fois une petite phrase en haut à droite de la diapo.

Alors en gros voici quelques bribes d’informations que j’ai retenues de cette conférence:

-La génération Y est une culture plutôt qu’une démographie

-Les employés Y sont à la recherche d’une expérience humaine plutôt que d’un emploi

-Aux X: Ils ne faut pas se fâcher et considérer les Y comme des traitres s’ils quittent un emploi, ils reviendront peut-être…

-Un patron X se demande pourquoi son employé Y n’accepte pas de se faire modifier son contrat temporaire en contrat à durée indéterminé (CDI)…peut être que le Y se sent plus libre et flexible avec un CDI

-Un Y n’accepte pas de faire les choses qui ne comprend pas du simple fait que son boss lui a demandé

-Un plan d’évolution de carrière sur 3 ans n’accroche pas les Y puisqu’il savent pertinemment que celui qui leur propose celà ne sait même pas où est ce qu’il sera…des évolutions sur 6 mois semblent plus réalistes pour un Y

-Un Y va s’engager avec son Manager parce qu’il l’inspire, il est compétent et….parce qu’il est sympa…

Je finirais avec mon expérience personnelle, j’ai travaillé pendant 10 mois dans le département Conseil d’une régie publicitaire très connue à Montréal, mais j’ai démissionné parce que je n’avais plus de motivation pour me lever le matin et aller travailler…et parce que je voulais aller réaliser un de me rêves de gamin qui était celui d’aller faire un stage de foot d’une durée d’1 mois en Allemagne…

20h25

Fin de l’intervention sous les applaudissements et début de la table ronde avec une intervention très pertinente d’un dirigent de Manpower pour dire qu’au Maroc, les entreprises et leur philosophie de gestion sont encore très loin d’un management 2.0…Hélas

Je quitte la réunion, alors que mon cher Benjamin se fait appeler Stéphane à plusieurs reprises par une participante à la table ronde…Entre vous et moi, si il y a bien quelque chose qu’un Y n’apprécie pas c’est bien qu’on le prenne pour quelqu’un d’autre…

Les gouvernements à l’assaut des réseaux sociaux

D’après une étude de Strategy Analytics, le nombre d’internautes qui seront membres d’au moins un réseau social en ligne atteindra la barre du milliard en 2012, ce qui représentera 75% des internautes de la planète et 1/7 de la population mondiale. D’autre part, selon les conclusions du “Virtual Criminology Report” de la firme McAfee, la cybercriminalité est une triste réalité qui croît à un rythme alarmant, et nul ne serait à l’abri de cette menace croissante. Ainsi, afin de lutter contre la cybercriminalité et de prévenir le terrorisme, les gouvernements seront amenés à s’intéresser de plus en plus aux informations disponibles sur Internet en général et plus particulièrement sur les réseaux sociaux.

Ça commence déjà en Angleterre

Après l’entrée en vigueur de la directive européenne sur la conservation des données par les fournisseurs d’accès Internet (FAI) le 15 mars 2009, le ministre anglais de la sécurité intérieure Vernon Coaker a proposé d’étendre cette directive aux réseaux sociaux. Selon les désirs du ministre, ces derniers devraient, de la même manière que les FAI, conserver pendant 12  mois toutes les communications de leurs membres et les rendre disponibles aux services de police sur réquisition judiciaire.

Le ministre voudrait même aller plus loin que la simple conservation des données par les opérateurs, il parle de la création d’une immense base de données dans laquelle seront stockées les informations numériques pouvant être recueillies telles les courriels ou encore l’historique de navigation. Cette base serai disponible pour  les services de sécurité tels le MI5, le FBI ou la CIA.

Mais aussi en France

La LOPPSI 2, Loi d’Orientation et de Programmation pour la Performance de la Sécurité Intérieure, présentée par la ministre de l’intérieure Michèle Alliot-Marie, prévoit dans son article 23 l’utilisation d’un nouveau moyen d’investigation qui est la captation à distance des données numériques. Cela permettrait de récupérer aussi bien les données ouvertes comme celles disponibles  dans les réseaux sociaux, que les données fermées telles les adresses IP. Ainsi en compilant ces deux types de données, il serait donc assez facile d’inculper quelqu’un en fonction d’informations disponibles sur son profil Facebook.

Le futur

Si la tendance se poursuit et que les réseaux sociaux prennent de plus en plus de place et d’importance dans nos sociétés, cela ramènera sans doute un interventionnisme encore plus prononcé des gouvernements. On peut imaginer une situation où les gouvernements -afin de protéger leurs citoyens contre les pertes ou les fuites éventuelles de données personnelles des réseaux sociaux- lancent des plateformes certifiées et plus sûres où chaque citoyen pourrait créer un profil “racine” qu’il pourrait ensuite exporter sur les plateformes commerciales de son choix.

Sources :

http://www.zdnet.fr/actualites/internet/0,39020774,39387983,00.htm

http://www.lesechos.fr/info/france/4868493-le-gouvernement-met-internet-sous-surveillance.htm

http://www.inter-ligere.net/article-29206326.html

http://www.binarysec.com/cms/docs/resources/security-keynotes/la-loi-loppsi-2.html

http://www.pdgb.com/uploads/tx_pdgbbdd/090925_JJ_TPE_PME.pdf

http://www.mcafee.com/us/research/criminology_report/default.html

En France, lancement d’une charte pour encadrer les cabinets de recrutement sur le Web.

À l’occasion de l’atelier « Droit à l’oubli » organisée le Jeudi 12 Novembre par la secrétaire d’Etat à l’économie numérique, l’association « A compétence égale » qui rassemble 40 cabinets de recrutements français a lancé la « Charte réseaux sociaux, Internet, vie privée et recrutement ».

Selon cette charte :  » Les signataires rappellent que, dans le cadre d’une procédure de recrutement, la sélection des candidats doit reposer uniquement sur les qualifications et les compétences et exclure tout critère d’ordre personnel et privé.  »

Ainsi, face à la multiplication et au succès des réseaux sociaux, blogs et autres moteurs de recherche et en l’absence d’une loi qui régit les pratiques de recrutement sur le Web, les professionnels du recrutement ont adopté cette charte afin de garantir leur éthique professionnelle.

En signant cette charte, ils s’engagent à :

  1. Limiter les réseaux sociaux à la seule diffusion d’offres et avec le consentement de l’utilisateur.
  2. Ne pas utiliser les réseaux sociaux comme outils d’enquête et ne pas collecter des informations d’ordre personnel, voire intime, même si elles sont rendues accessibles par les utilisateurs eux-mêmes.
  3. Sensibiliser et former les recruteurs sur la nécessité de ne pas collecter ni de ne tenir compte de telles informations.
  4. Alerter les internautes sur la nécessité de veiller à la nature des informations qu’ils diffusent et au choix des personnes à qui ils souhaitent y donner accès.
  5. Enfin, dernier engagement : interpeller les gestionnaires des sites Internet hébergeant des réseaux sociaux, des blogs, des moteurs de recherches sur l’importance d’informer très clairement leurs utilisateurs :
  • sur la finalité du site,
  • les personnes y ayant accès
  • ou encore la durée de conservation des données.

Le dernier point concernant la durée de conservation des données soulève la question du droit à l’oubli. À ce sujet, il y a eu une proposition de loi enregistrée le 6 novembre dernier par deux sénateurs afin de contraindre les éditeurs de sites à communiquer la durée de conservation des données mais aussi de garantir un droit de suppression des données.

À première vue, cette proposition de loi permettrait de mieux protéger l’internaute. Sauf que sur Internet, les grands détenteurs de données personnelles ne sont nul autre que Google et Facebook. Une législation française n’aurait donc aucun effet sur ces leaders américains du Web.

Ainsi je partage l’avis de Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’Etat au numérique qui dit :« Nous avons d’abord besoin d’une période de réflexion et de concertation au niveau international. Nous ne mettrons pas tout le monde d’accord sur la protection des données personnelles, mais on peut essayer de s’entendre sur une durée de détention maximum des données. » Ce serait déjà un bon début.

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